... elle qui en a eu bien peu. Pour l'avoir perdue trop tôt, je n'en ai pas moins gardé le souvenir de ses gestes dans le quotidien, entièrement voués au bien-être de sa famille. J'aime me souvenir d'elle dans ces gestes-là, qui m'ont tant appris, sans mots inutiles, ces mêmes gestes que, parfois, je perpétue pour le bonheur de ceux qui m'entourent. Tout simplement.
Bienvenue chez moi, à vous, explorateurs du net.
Ici tout est souvent improvisé, un peu sens dessus dessous, un peu comme dans mon esprit, ma maison, ma vie, ma devise étant "pas de regrets de ce qui n'a pas été, heureux de ce qui est, et toujours curieux de ce qui sera", et ma seule constante étant le plaisir des mots jusque dans les maux.
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Ce blog a été ouvert au public le 1er mai 2011 -

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lundi 12 septembre 2011

le temps des noisettes, ou l'arbre aux souvenirs

A chaque saison des noisettes, je repense à ce poème libre écrit il y a bien longtemps, j'avais alors à peine 20 ans. Problème : à part les maladresses de style dans ce genre à part entière, ou plutôt entièrement à part, j'ai l'impression, au fond, que je n'ai pas changé !!! Que faut-il faire pour que je devienne adulte, enfin... Bon, ce n'est pas le chat qui va m'aider !!!

Le temps des noisettes
est à jamais mort
Et bientôt très rapidement
l'image d'une petite fille
au regard pur que tu as cru aimer
s'estompera tout aussi sûrement
dans les brumes d'un hiver
dont je ne verrai pas
au fond de moi-même la fin

Tous les soleils qui ont brûlé
hier et jusqu'à présent
n'ont laissé de trace
ni dans mon âme tourmentée
ni sur mon corps languissant
J'ai tout laissé
dans l'oubli des jours bleuissant
et demain ceux qui m'ont adorée
ou sans doute même haïe
m'oublieront également

Pourtant un jour
au soir de mon âge
je revivrai peut-être
pour ces rêves enfouis
dans les sentiers broussailleux
des chimères de mon enfance
pour ces rêves purs de beauté
et de solitude choisie
un dimanche où j'ai existé
où tout mon être
a vibré à ta musique
à ta charmante sérénité

Dans le présent du temps
j'avais pu me mouler sans effort
aux vibrations de tes sons
que j'avais senti fondre en moi
comme une source de réconfort
s'écoulant de ta douce chaleur
ces soirs de grand vent retors
où dans le silence et la paix
je t'avais rencontré

Depuis quand
nous sommes-nous séparés
Je me suis égarée
dans l'obscurité du soir
qui m'a tant effrayée
affolée je n'ai pas osé
revenir sur mes pas hésitants
fonçant toute recroquevillée
vers de nouveaux espoirs

Te souviens-tu de ce jour
où nous nous sommes retrouvés
La douceur de l'été
la nuit calme et protectrice
la Seine belle et ténébreuse
Paris qui nous souriait
les gens qui saluaient
nos rires et notre joyeuseté
tout laissait accroire
que l'attente et l'espoir
n'avaient pas été vains
nous faisions confiance
au temps et à ses lendemains

Mais peu à peu
au cours de nos brèves rencontres
- qui n'en furent pas d'ailleurs –
où nos regards un peu perdus
s'égaraient dans le jour brumeux
j'ai senti comme toi-même
que le fil musical s'était rompu

Aujourd'hui je vais je viens
sans trop savoir ce que je cherche
mais peut-être que demain
je cueillerai à nouveau
de jolies fleurs de pluie
pour les accrocher
à l'arbre aux souvenirs.

à B., mon ami de toujours


Dure, dure, la vie d'artiste, quand on vit avec un chat !

17 commentaires:

Vanessa a dit…

Magnifique, je veux bien rester toujours comme cette jeune-fille... dans l'entre-deux mais plein d'espoir.

Album vénitien a dit…

Un très beau poème....nostalgie et espérance...
Je te réponds..chez moi :-)

Enitram a dit…

Un peu triste mais tellement beau !
J'aime !
Je ne sais pourquoi mais les vers de d'Apollinaire arrivent comme ça sans crier gare : "sous le pont Mirabeau coule la Seine et nos amours...." Ce n'est pas ton pont préféré ?

colibri a dit…

Merci Vanessa, c'est ainsi aussi que je voudrais vieillir : toujours dans l'entre-deux, sans jamais désespérer !

colibri a dit…

Je ne sais pas pourquoi, Enitram, je ne sais écrire que des chose tristes, et pourtant, je te le jure, je suis quelqu'un de très gaie, un peu (trop) potache même en société ! Eh non, mon pont préféré, c'est le Pont Neuf... (il faut partie de beaucoup de mes poèmes... d'amour). A chaque amoureux le sien !!!

colibri a dit…

C'est fantastique, Danielle, lorsque les blogs me font penser à ce beau poème de Baudelaire "Correspondances" :
"La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent…"
Merci, pour ton beau poème, tout aussi triste et empreint d'espérance que le mien ! A travers nos "confuses paroles", nous exprimons sans doute "les (mêmes) sons qui se répondent"… Ta plaine est vaste et remplie de ces jolies fleurs de pluie que j'aspire à cueillir encore et encore ! Vive la poésie

colibri a dit…

En fait, "triste" n'est pas le mot exact... Je ne ressens jamais de tristesse des choses qui passent, je m'inquiète seulement de prendre trop le temps pour les regarder filer. Or fugit irreparabile tempus ! Et c'est cette "inquiétude nostalgique" selon Jankélévitch qui m'obsède tout le temps, si bien qu'avant même de commencer une histoire, je voudrais presque qu'elle soit déjà terminée, comme si seule l'impression que j'en aurais m'importe le plus. Seulement, avec l'âge, j'ai pris conscience que j'ai passé plus de temps à laisser derrière moi ma jeunesse, tant d'années perdues, non parce que je ne les ai pas vécues, mais parce que, toujours, je devançais ce vécu comme quelqu'un d'extérieur à moi-même…, me projetant toujours dans l'espace temps comme un spectateur qui attend avec une certaine impatience le mot "fin" sur l'écran car il le film lui semble être du déjà vu…

croukougnouche a dit…

la nostalgie sied aux jeunes filles..
moments fébriles et secrets.. Les chats attentifs bercent les espoirs..

Margarita a dit…

Des l'Espagne, je vous remercie.Un sentiment, ne pluie douce a traversé mon coeur au même temp que je lisais votres mots. Excusez-moi, s'il vous plaît, mes fautes ortographiques (j'étudie votre langue, j'essaie...)

BESANA.(Isabel/María) a dit…

Hoy me voy solo
sin saber lo que quiero
pero tal vez mañana
Recojo de nuevo
flores bastante lluvia
para pasar el rato
el árbol de recuerdos......bellísimas palabras ¡ Magnífico !

Un cordial saludo desde España.
Isabel

colibri a dit…

Margarita, comme vos mots sont poétiques, je les entends avec votre accent, et c'est encore plus beau, surtout que vous expression est parfaite ! Viva Espana ! J'aimerais bien parler l'espagnol aussi bien que vous parlez le français !

colibri a dit…

Bonjour Isabel,
C'est très beau, aussi, traduit en espagnol, ces quelques vers de jeunesse ! Merci ! Viva Espana, bis !

colibri-namelie a dit…

Que tu es gentille, Agnès, "jeune fille"... C'est exactement cela, je le suis restée dans ma tête (d'aucuns diraient que c'est de l'infantilisme attardé, mais que de belles émotions encore à vivre, vu sous cet angle-là !)...

VenetiaMicio a dit…

C'est très beau et les souvenirs et ce que tu dis, nostalgique certes mais je sais que tu es un Petit Colibri plein de fantaisie, d'émotions et de gaîté !
J'adore les bulles de Chipe Bella qui accompagnent ce poème.
Bisous ma Belle
Dany

Gwendoline a dit…

garder son âme d'enfant intacte! c'est beau et involontaire... les chats donnent le ton enjoué qui est indissociable du Colibri!une partie d'innocence et de gaieté préservée...

Yann (Espace Graphique) a dit…

J'ai perdu mon dernier commentaire lors d'une erreur de manipulation, pas grave.

C'est vrai qu'un chat nous aide à sortir de notre sérieux, heureusement qu'ils sont là.

Je ne sais pas si on change vraiment dans la vie, on fait des choses différentes, mais si on essaye de donner une chronologie il n'y a pas vraiment de progression, l'humeur du jour est plus importante que l'age ou la technique. Je dis cela pour moi :)

colibri-namelie a dit…

Cela vaut aussi pour moi, Yann, et sans doute aussi pour beaucoup d'autres ! Après tout, pourquoi changer, on n'est comme on naît !